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Lecteurs du monde

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  • : Le blog de Véro
  • : J'ai envie de vous faire partager tous les plaisirs que me procurent mes lectures.
  • : 15/08/2007

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  • : Véro
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  • : 06/10/1973
  • : France Berry bocage
  • : Lectrice passionnée
Lundi 21 janvier 2008
J'ai reçu aujourd'hui une lettre du Théâtre de la Carrosserie Mesnier (théâtre de Saint-Amand-Montrond), concernant la nouvelle saison culturelle. En guise de voeux, un magnifique texte de Jacques Brel, dont je ne connais pas l'origine, accompagnait ce courrier. Il m'a beaucoup touchée.

"... Le seul fait de rêver est déjà très important.
Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil, et des rires d'enfants.
Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d'être vous."

Jacques Brel.

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Mercredi 16 janvier 2008

« Le Club Jane Austen », ça sonne bien ! J'ai donc d'abord acheté ce livre parce que j'ai été attirée par le titre. En effet, j'aime beaucoup les histoires de Jane Austen, et faire partie d'un club de ce genre me plairait. Jane Austen, c'est l'auteur de « Raison et Sentiments », d'« Orgueil et Préjugés », d'« Emma ». Au risque de me faire huer par mes amies anglicistes, j'avoue que je n'ai pourtant jamais lu un seul livre d'elle, me racrochant aux versions de la BBC et aux films qui sont plutôt fidèles aux histoires originales.

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Jane Austen était une écrivain anglaise de l'époque prévictorienne. Elle commença à écrire ses premiers romans à 20 ans et écrivit jusqu'à sa mort, à l'âge de 41 ans. Les héroïnes de ses romans sont des jeunes filles en âge de se marier. Aucun d'eux ne traite de la vie après le mariage, un peu comme les contes qui finissent par « ...ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Il y a peut-être là un rapprochement à faire avec le fait que Miss Austen ne s'est jamais mariée.

Dans le roman de Karen Joy Fowler, les membres du club (cinq femmes et un homme) sont presque tous célibataires, entre 20 et 60 ans, et ils se retrouvent une fois par mois pour évoquer les oeuvres de Jane Austen. Assez bizarrement, le narrateur n'est jamais clairement identifié, comme si chacun des personnages s'était fondu dans une narration à plusieurs voix, relatant sa propre histoire, enchevétrée avec celle des autres. Le rapport à Jane Austen n'est finalement qu'un prétexte.

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« Jocelyn, célibataire, chez qui a lieu la première rencontre est celle qui a eu l'idée de ce club. Elle a réuni cinq personnes autour d'elle et en tout premier lieu Sylvia, qu'elle connaît depuis 40 ans et qui est en train de se séparer de Daniel après 32 ans de mariage."Il était possible que Sylvia ait été la raison d'être du club, et que Jocelyn ait simplement cherché à l'occuper pendant cette période difficile. Elle en était tout à fait capable. Sylvia était sa plus proche et sa plus vieille amie.". Allegra, la fille de Sylvia et Daniel, fait aussi partie de ces réunions ainsi que Prudie, professeur de lycée et authentique passionnée de Jane Austen "Ce que nous sommes censés voir, dit Prudie, n'est pas tant le manque de passion que le pouvoir de la contrôler. C'est l'un des thèmes favoris de Jane". A 28 ans, elle est la plus jeune de ce groupe. Face à elle, Bernadette, 67 ans, est la plus âgée. Elle ne se regarde plus dans la glace et regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt ! Elle ne souhaitait que des femmes dans ce club, pourtant Grigg, la quarantaine que personne ne connaissait hormis Jocelyn qui l'a rencontré à une convention de science fiction, va se joindre à elles. "Nous connaissions Jocelyn depuis assez longtemps pour nous demander à qui Grigg était destiné. Grigg était trop jeune pour certaines d'entre nous, trop vieux pour les autres. Son entrée dans le club nous laissaient perplexes." »

 
Un film est sorti en 2007.


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Lundi 7 janvier 2008
Ceux qui connaissent bien mes goûts d’incorrigible romantique ne seront pas étonnés que je leur parle de Frédérique Hébrard, romancière connue au travers de ses romans adaptés pour la télévision.

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En 1971, déjà, on vibrait (enfin pas moi, j’étais pas née !) au rythme des amours de François et Koba, joués par Louis Velle, mari de notre romancière, et Marthe Keller, la plus francophone des actrices suisses germanophones (vous suivez toujours ?), dans La Demoiselle d’Avignon. Plusieurs autres de ses romans ont connu le succès, comme Le Harem et Esther Mazel.
 
Le dernier publié s’intitule Les Châtaigniers du Désert, titre à priori énigmatique. Mais son héroïne, Marie de Walheim, est un personnage au caractère surprenant. Alsacienne, d’origine cévenole (quand on connaît Frédérique Hébrard, on sait à quel point elle est attachée aux Cévennes), Marie vient rendre visite à son frère, pasteur protestant dans un petit village cévenol. Alors qu’elle pensait ne faire qu’un petit séjour pour le plaisir, avant d’épouser un jeune sénateur américain, elle se voit obligée de rester pour faire face à un évènement traumatisant.
 
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L’originalité de Marie, c’est qu’elle est très sûre d’elle, des ses choix, de son avenir, et qu’il va suffire de quelques jours pour que ses certitudes s’effondrent et que son avenir bascule. Mais elle fait face avec courage et détermination, elle se fait de nouveaux amis et conte toute attente, décide de s’installer dans le village de son frère.
 
L’histoire est fraîche, belle, pleine de charme et de rebondissements. Marie nous prouve que, même si le destin nous joue parfois des tours pendables (elle en voit de toutes les couleurs !), rien n’est jamais perdu. Les personnages secondaires rayonnent d’un bonheur simple et attachant …
 
Bonne lecture à tous et à toutes.
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Vendredi 4 janvier 2008
J’ai découvert cette année (je veux dire en 2007), un livre dont le titre m’a, d’emblée, attirée : Une épouse presque parfaite.
 
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Ce n’est pas un guide pour ménagère désorientée, ni un essai écrit par une féministe provocatrice, mais le roman d’une écrivain américaine, Laurie Colwin.
 
L’héroïne de l’histoire, Polly Solo-Miller, riche américaine vivant à New York, a la vie très organisée d’une bonne épouse et mère de famille aimante, un peu le genre de Bree, dans Desperate Housewives. Mais un jour, lors d’un vernissage, elle rencontre Lincoln, peintre solitaire, qui, bien malgré lui, entraîne Polly en dehors des frontières si rassurantes de sa petite vie tranquille. Après les quelques heures de délices que lui procure l’adultère, Polly se retrouve en proie au doute et à la culpabilité (je défie d’ailleurs quiconque de lui en vouloir !)
 
Je ne vous dévoilerai pas les turpitudes par lesquelles Polly va devoir passer, ni les choix qu’elle va faire, mais une chose est sûre, son cheminement ne l’amènera pas forcément où on pourrait penser. J’ai senti dans cette héroïne une humanité qui m’a touchée, bien après avoir refermé le livre.

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Depuis, j’ai acheté deux autres romans du même auteur (Une Vie merveilleuse  et Franck et Billy), et même si je les ai un peu moins appréciés, on retrouve indubitablement dans chacun de ces livres des personnages à la fois originaux et terriblement réalistes, avec un caractère très humain, loin des clichés moraux.
 
J’ai appris, depuis, que Laurie Colwin est décédée en 1992, à l’âge de 48 ans, et bizarrement, j’en ai éprouvé un pincement au cœur, un peu comme si, à travers ses livres, je l’avais rencontrée et comprise.

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Lundi 31 décembre 2007
En cette veille de nouvel an, quoi de plus optimiste que le titre de ce recueil de nouvelles « Tout changera cette année », de Maeve Binchy (en anglais This year it will be different).
 
Ce livre regroupe 14 nouvelles, dont les héroïnes, pendant les fêtes de fin d’années, réalisent en quoi leur vie peut changer si elles le décident. Et pour chacune d’elle, c’est une petite révolution qui s’amorce : Jenny tient bon face à Alison, la fille de quatorze ans de son mari David ; Orla, adolescente, découvre le pouvoir qu’elle peut avoir sur sa famille grâce à un polaroïd ; Ellie, auxiliaire de vie dans une maison de retraite, passe Noël avec quatre résidents et leur redonne goût à la vie, tout en réussissant à abandonner Dan,  son si décevant petit ami ; Chris profite d’un Noël en famille pour réfléchir, grâce à un quizz « spécial couple », à sa relation avec Noël, son amant marié ; Jen décide de ne plus se laisser marcher par Tina, l’ex-femme de son mari ; Tout-changera-cette-ann--e.jpg Penny réussit à organiser des vacances de Noël pour trois solitaires ; Helen et Nick réalisent la chance qu’ils ont d’avoir réussi à surmonter leurs difficultés de couple ; Janet tombe amoureuse d’un homme marié et mesure les difficultés que cela peut engendrer ; Ethel ouvre les yeux sur sa vie de famille, espère que son mari et ses enfants vont l’aider à préparer le repas de Noël, et décide de rependre les choses en main que ça change ; Brenda cherche à organiser un Noël parfait pour que sa mère soit déchargée du fardeau,et réalise, après coup, que ce n’est pas ce que sa mère aurait souhaité ; Ben réussit à réunir Fionnulla et son père, Niall ; Meg rencontre Tom dans un avion pour l’Australie ; Parny découvre le monde des adultes entre des parents bien embêtés par Esther, l’ancienne maîtresse de son père ; Noël et Avril en ont assez de passer Noël avec leurs mères respectives qui se détestent.
 
Maeve Binchy est une écrivain irlandaise qui décrit l’univers quotidien de l’Irlande des années 90. Rappelons à toutes fins utiles que l’Irlande est un pays à forte tradition catholique (et l’Irlande du Nord très protestante) et que la loi irlandaise n’autorise le divorce que depuis le 24 novembre 1995 (douze petites années) ; qui plus est, l’avortement y est interdit, sauf si la grossesse menace la vie de la mère. Sans être une féministe active, Maeve Binchy dépeint par petites touches délicates, l’univers de femmes irlandaises.

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Je vous souhaite, à tous et à toutes, une très bonne et heureuse année 2008, en espérant que, si vous le souhaitez, pour vous aussi, « tout changera cette année » !
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Samedi 29 décembre 2007
Pour les amoureux des contes classiques, comme Heureuse (Cf. commentaire de l’article précédent), Gallimard Jeunesse  a édite dans la collection Chefs-d’œuvre universels une version illustrée et documentée d’Un Conte de Noël sous le titre Un Chant de Noël.
 
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On y retrouve également les classiques tant aimés : Autour de la lune, de Jules Verne, Le Chien des Baskerville, de Sir Arthur Conan Doyle, L’Appel de la forêt, de Jack London, Le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde, Les Aventures de Tom Sawyer, de Mark Twain, Les quatre Filles du Dr March, de Louisa May Alcott, Heidi, de Johanna Spyri…
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Lundi 24 décembre 2007

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Je vous souhaite un Joyeux Noël à tous et à toutes, avec un article sur « A Christmas Carol », en français Un Conte de Noël, de Charles Dickens. (oui, bien sûr, a carol, en anglais, signifie un cantique, mais l’histoire est bien un conte, avec une morale.).
 
Charles Dickens est un écrivain anglais de l’époque victorienne (1812 – 1870), célèbre pour ses romans sur l’enfance difficile de petits anglais au XIXème siècle : Oliver Twist, David Copperfield, Great Expectations (Les Grandes Espérances),… Je l’ai déjà évoqué dans mon article sur « Une seconde avant Noël ». On connaît un peu moins son goût pour le fantastique (le surnaturel) qui transparaît dans Great Expectations (Le pouvoir des lieux et des objets, tu te souviens Juliette ?).

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« A Christmas Carol » est bien un conte fantastique ; le personnage principal, Scrooge, est un vieil homme acariâtre, pingre, aigri. La veille de Noël, il est tout aussi désagréable que les autres jours et déverse sa bile, tour à tour sur son neveu qui vient lui souhaiter un joyeux Noël, sur deux hommes qui récoltent des fonds pour les défavorisés, et sur son employé, Bob Cratchit, père de famille nombreuse (dont un enfant handicapé), généreux et exemplaire.
                                                                                                                            
Cette nuit-là, la vie joue à Scrooge un drôle de tour, puisqu’elle fait apparaître le spectre de Marley, associé de Scrooge, décédé, sept années auparavant. Il l’avertit de la visite de trois esprits de Noël. Ceux-ci vont avoir pour mission d’adoucir le cœur de Scrooge avant qu’il ne soit trop tard, et qu’il ne se retrouve, une fois mort, obligé d’errer sur terre.
 
L’esprit des Noëls passés le fait voyager dans les Noëls heureux qu’il a vécus autrefois, son enfance, ses retrouvailles avec sa sœur ; l’esprit du Noël présent l’emmène dans toutes les maisons, chanceuses ou moins chanceuses, mais qui vivent Noël dans la joie et la bonne humeur ; l’esprit du Noël à venir lui montre les malheurs qui s’abattront sur lui et autour de lui s’il continue à se comporter de manière aussi désagréable.
 
Et c’est là que réside la magie du conte de Noël ; notre vieux Scrooge se laisse attendrir et gagner par l’esprit de Noël : la partage, la fête, l’amour donné et reçu.
 
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Mon seul regret ? Impossible de remettre la main sur ce livre que Maman m’avait acheté, en même temps que « Capitaines courageux » de Rudyard Kipling. Pour écrire l’article, j’ai dû relire le conte sur Internet…
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Samedi 22 décembre 2007
Après de longs jours d’absence, me voici de retour avec « Joyeux Noël, May ». J’ai acheté cette BD la semaine dernière, mais je l’avais repérée depuis longtemps, et j’attendais d’être à court d’idée sur ma thématique de Noël pour l’acquérir. Comme vous l’avez sûrement compris, j’ai une affection particulière pour le dessinateur Cosey. Bien qu’il ait montré un profond attachement pour le Tibet au début de sa carrière (cf. mon article intitulé « Jonathan », du 5 novembre dernier), je le soupçonne de ne pas être insensible à l’Amérique du Nord.

« Joyeux Noël May » se passe dans les montagnes du Colorado, aux Etats-Unis, en plein hiver, à quelques jours de Noël. Tallulah, belle jeune femme blonde, un peu paumée, décide à la dernière minute de revenir chez sa mère pour les fêtes de fin d’année. D’habitude, elle évite la cohabitation avec cette dernière et loge dans une caravane dans le village, mais cette fois-ci, une touriste, Juniper Univails (un nom à coucher dehors, je vous l’accorde), écrivain en recherche d’inspiration, occupe déjà les lieux en attendant d’accéder à son chalet, rendu inaccessible à cause de la neige (ce qui agace prodigieusement Tallulah). Ces deux femmes n’ont pas grand chose en commun : Tallulah est mal dans sa peau, instable, elle s’entend mal avec sa mère ; Juniper est à la recherche d’un père qu’elle n’a pas eu le temps de connaître puisque sa mère l’a emmenée en Europe quand elle avait cinq ans.

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Et May, dans tout ça ? May est le mystère à éclaircir par les deux femmes, sans qu’elles le sachent. Mais de leur rencontre va naître une complicité qu’elles espéraient sans se l’avouer. Elles sont les deux personnages principaux de l’histoire, et seuls deux autres personnages, Minnie, la mère de Tallulah, et Buckerley, garde d’un parc animalier, animent l’histoire ; ils représentent les racines du passé des deux jeunes femmes.

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L’histoire est simple, belle, et on aperçoit même le Père Noël. C’est sûrement de bonne augure pour les prochains jours…
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