« J’ai quinze ans, je m’appelle Fatemeh […] Je vais être pendue bientôt ». Dans l’urgence d’une mort imminente, Fatemeh, jeune iranienne de Téhéran, écrit la courte histoire de sa vie. Entre son admiration pour sa tante, une femme muette, belle et libre, et la crainte de la colère des mollahs, elle dresse un portrait tragique de son existence.
Parce qu’à l’âge de dix ans elle a été frappée par son père drogué, et qu’elle l’a vu tuer sa mère, la tante de Fatemeh (la sœur de son père) est devenue muette. Ils vivent tous ensemble : Fatemeh, ses parents, son frère, sa sœur et sa tante. A quelques mètres de là, son oncle (le frère de sa mère), 21 ans, vit seul et vient quotidiennement leur rendre visite. Alors que Fatemeh assiste avec bonheur aux émois de sa tante (29 ans et “vieille fille”) qui tombe éperdument amoureuse de son oncle, sa propre mère tente par tous les moyens de s’opposer à leur relation. C’est le début d’une tragédie qui les conduira à la mort…
Dans cette histoire, les portraits d’hommes ne sont pas tous négatifs, loin de là, mais même s’ils sont moins sévèrement jugés et surveillés, ils n’ont pas beaucoup plus de choix que les femmes.
J’ai été bouleversée par cette histoire de femmes brimées, martyrisées, soumises à une autorité patriarcale et religieuse. J’ai retrouvé dans ce roman des questions complémentaires à celles que je m’étais posées dans « Les Cerfs-volants de Kaboul » : les conditions de vie des femmes, le fanatisme des islamistes, l’hypocrisie des mollahs polygames qui violent des adolescentes qu’ils prennent pour épouses.
« Obligée de porter le voile de 13 à 23 ans, à cause de la révolution islamiste de 1979 en Iran, je ressentais l’humiliation d’être femme, d’habiter un corps féminin. Pourquoi la femme devrait-elle cacher sa chevelure au regard des hommes ?
Cette question, je la pose à ces intellectuels « tolérants », aux midinettes voilées influencées par Tariq Ramadan, à Monsieur Tariq Ramadan lui-même ! Les femmes seraient-elles porteuses d’un gène coupable ? Je garde le souvenir de scènes terribles. Je me souviens d’une femme en couche implorant le médecin dans un hôpital iranien : « Si c’est une fille, jetez-la à la poubelle ! Si je rentre à la maison avec une fille, mon mari me tuera ».
Une fille est considérée comme une honte et un danger. Pensez donc ! Elle peut porter atteinte à l’honneur des messieurs. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi l’homme se sent déshonoré si la femme transgresse les règles de la pudeur. Pourquoi l’honneur des hommes musulmans s’inscrit-il sur le corps des femmes musulmanes ? Qu’ils assument leur honneur tout seuls! »
Vous pouvez la voir et l’entendre parler en allant sur ce site.
Vous y trouverez également sa bibliographie.
Voilà, moment de confidence à quelqu'un qui aime tant les livres et en parle si bien.