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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 06:00


Parler de la migration, de la perte d’identité et de repère, du choix de vivre et de travailler dans un autre pays que le sien n’est pas facile. Tahar Ben Jelloun réussit pourtant, au travers de son livre, à nous faire partager les questionnements de Mohammed, marocain, ouvrier des usines Renault.

 

« Tant qu’il était au travail, Mohammed ne se posait même pas la question, il se sentait à sa place et utile. Mais avec l’arrivée de la retraite, il est déboussolé par son statut bancal d’émigré, il se sent très éloigné des préoccupations de ses enfants qui se sentent français, décalé par rapport aux us et coutumes de son pays d’origine, déconcerté par les divagations de l’Islam et le comportement agressif des pèlerins à La Mecque. A quoi va-t-il bien pouvoir utiliser son temps libre ? Qui comprend-il et qui le comprend ? Quelle identité a-t-il ? Quelle est sa place dans la société ? Sa seule certitude, c’est l’avenir de son neveu, Nabile, mongolien, qu’il a emmené avec lui en France pour qu’il soit pris en charge correctement, et qui lui voue un amour inconditionnel. »

 

Ce qui m’a le plus interpellée dans ce roman, c’est la sensation qu’a Mohammed d’être partout en décalage. Quoi qu’il fasse, il n’est pas compris, il passe pour un ringard (aux yeux de ses enfants) ou pour un excentrique (dans son village d’origine). La question de l’identité de Mohammed se pose crûment et Tahar Ben Jelloun nous la renvoie discrètement : et nous, qui sommes-nous ? Nous sommes presque tous issus d’une migration, qu’elle soit nationale ou internationale ; quelle est notre identité ?

Ce qu'en pense Bab's, Brigitte, Tankya du Raï, Stemilou et Er Ma.

Merci à Thérèse de me l’avoir proposé.

 

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