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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 19:00
Chinoises-001.jpg


Xinran, journaliste à la radio chinoise, a animé pendant huit ans (de 1989à 1997), une émission consacrée aux femmes au cours de laquelle chacune étaient invitée à parler d’elle librement.

Elle a rencontré certaines d’entre elles, a écouté leur histoire, parfois exprimée pour la première fois, en jonglant avec le risque de censure et d’interruption de son émission, et sa volonté farouche de laisser la parole aux femmes.

 

Des portraits de femmes qui forcent le respect. Xinran, après avoir expliqué dans le prologue comment elle en est venue à écrire ce livre, décrit chaque situation avec pudeur :

-         “la fille qui avait une mouche pour compagne” raconte la vie d’une jeune femme abusée par son père et qui rêve de rester hospitalisée pour échapper à son supplice ;

-         “l’étudiante” qui ne croit plus en l’amour, mais qui accepte de jouer les call-girls de luxe ;

-         “la femme qui aimait les femmes” dans un pays où l’homosexualité est encore considérée comme un délit ;

-         “la femme dont le mariage fut arrangé par la révolution”, mariée à un officier supérieur pour assouvir les fantasmes de celui-ci ;

-         “la femme qui a attendu quarante-cinq ans” l’homme qu’elle aimait à la folie dont elle a été séparée car il a été emprisonné et qui le retrouve, marié, parce qu’on lui avait dit qu’elle était morte ;

-         “la fille du Général du Guomindang” qui a subi tellement de sévices qu’elle en est devenue folle et est internée en hôpital psychiatrique ;

… et bien d’autres histoires encore.

 

Tous ces témoignages confirment que dans la Chine communiste, la vie des femmes n’est pas facile : pas d’éducation sexuelle, refus de la différenciation des sexes, asservissement des femmes pour servir l’idéologie révolutionnaire, dénigrement systématique de tout comportement susceptible de fragiliser le régime, stigmatisation des intellectuels,…

 

Xinran a attendu d’habiter en Angleterre pour écrire librement ce livre ; avec compassion et pudeur, elle évoque cette Chine qui détruit les familles, contrôle les esprits, se voile la face.

 

Bibliographie de Xinran :

-         Chinoises

-         Funérailles célestes

-         Baguettes chinoises

 

Quelques avis sur ce livre chez Béa, Keisha, Lene, ELB, Florie, Alice, Marie, Fanyoun et Valérie.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 06:00

Daniel-Tammet.jpg


« Pour Daniel, dans la vie, rien ne va de soi. Autiste touché par le syndrome d’Asperger, il a développé des capacités cérébrales extraordinaires, notamment dans le domaine des langues et des mathématiques.

 

Mais même si ces dons sont un pilier important de sa vie, il lui a fallu se battre au quotidien pour mener une vie normale car comme tous les autistes, il souffre d’une “altération des interactions sociales, de la communication, et de l’imagination”, ce qui le handicape dans sa relation avec le monde extérieur.

 

Ses parents, très soucieux de son évolution, ont favorisé tout ce qui pouvait le conduire à l’autonomie : il est allé à l’école, au collège, au lycée, il a obtenu son diplôme de fin d’études. À 18 ans, il décide de s’engager pour un Service Volontaire à l’étranger et après un entretien et une formation, il part un an à Vilnius en Lituanie pour donner des cours d’anglais… »

 

J’ai choisi ce livre après avoir vu Daniel Tammet au journal de 13 heures sur France 2. J’étais très curieuse d’en connaître un plus sur lui, de comprendre ce qu’il vit.

 

Sa capacité à percevoir visuellement et sensiblement la couleur et la forme des nombres (synesthésie), à résoudre des problèmes mathématiques intuitivement, à apprendre une langue en quelques jours grâce aux liens qu’il trouve entre les mots, … tout semble incroyable et paradoxal quand on découvre que parallèlement, des expériences toutes simples de la vie quotidienne comme lacer ses chaussures, jouer avec d’autres enfants, écouter et discuter avec les autres lui ont demandé beaucoup d’efforts.

 

J’ai été captivée par son parcours quelque peu hors du commun. Aîné d’une famille nombreuse (10 ou 11 enfants !), son autisme n’a été diagnostiqué qu’à l’âge de 15 ans, et cela ne l’a pas empêché de mener son petit bonhomme de chemin en dépit des nombreux obstacles qui se sont dressés sur son chemin.

 

Les avis de Sylve 37, Pomme de pin, Télos, Valérie, Elodie et Bruno.

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 22:30

J’aime bien regarder les photos de classe :

- celles de mes années à l’école, au collège, au lycée ;

- celles des autres, en essayant de repérer où ils sont, sans toutefois les trouver à chaque fois (« Ah ? C’est toi, là ? ») ;

- celles d’anonymes aux uniformes et aux coupes de cheveux qui disent le nombre des années écoulées;


La plupart du temps, on examine les enfants qui se tiennent assis, debout, plus ou moins sagement, mais on regarde moins l’enseignant, complètement à droite ou à gauche, debout à côté des bancs et des trois rangées d’élèves.

 

Et l’enseignant, lui, est-ce qu’il regarde avec nostalgie ces générations de bambins, de jeunes gens, d’ados boutonneux et grincheux qui se sont succédés devant l’objectif du photographe tandis que lui revient année après année, dans le même décor ?

 
Sur la photo de classe 001


Noam Soulat n’en est pas encore, heureusement pour lui, au stade de la nostalgie et du regard aux yeux embués de souvenirs lointains. Professeur de français dans un collège de Z.E.P. (zone d’éducation prioritaire) depuis quelques années, il s’est trouvé confronté, lors de sa première année d’enseignement, à une réalité de terrain qu’il n’imaginait pas : des élèves en situation de détresse, en voie de marginalisation, des parents parfois dépassés, absents, des confrontations violentes en classe, des insultes … à première vue, rien de réjouissant ou qui donnerait envie de devenir professeur.

 

Pourtant, il n’est pas désabusé ni défaitiste ; malgré les situations difficiles auxquelles il se trouve confronté, il n’oublie pas d’évoquer avec tendresse et respect, les élèves qui font l’admiration de leurs professeurs : dignes, intelligents, bosseurs, pertinents, ouverts au monde, qui fournissent beaucoup d’efforts en dépit d’un quotidien ardu qui ne leur fait pas de cadeau.

 

Il raconte aussi les dialogues qui tiennent du gag, les petits mots interceptés, les parents loufoques, les rires partagés dans la salle des profs, l’absurdité de certaines situations où il est,  par exemple, bien obligé de constater après coup qu’effectivement Harmonie ne pouvait décemment pas quitter sa chaise,…

 

Vingt-trois portraits vivants de jeunes d’aujourd’hui : Aliyah, Cyril, Lolita, Yousseff, Harmonie, Kennedy, Samira, Arnaud, Kahdija, Nicolas, Jamel,… et pour terminer, l’autoportrait de Noam, jeune enseignant (alors débutant) qui constate sans réticence que son métier lui plaît.

J'ai trouvé que ce livre facile et agréable à lire, sincère, émouvant, vrai.

L'avis des Ados lecteurs.

Et pour le plaisir, le blog de Noam.
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 12:00


En octobre, je vous avais parlé de « 84, Charing Cross Road », d’Helen Hanff.

 

Plus de 20 ans après les premières lettres échangées avec Franck Doel, elle organise son voyage à Londres et met le pied sur le sol britannique 17 juin 1971 pour de longues semaines d’immersion.

 

Bien décidée à profiter un maximum de son séjour, elle tient un journal quotidien de ses visites, ses rencontres, ses joies et ses déceptions, ses relations avec sa maison d’édition et tous les inconnus qui tiennent à la rencontrer, publié sous le titre « La duchesse de Bloomsbury street ».

 

Le ton est toujours le même, direct, franc, parfois comique, efficace…

 

Un plaisir simple.

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 17:10


Dès 1949 et pendant 20 ans, Helene Hanff, qui habite à New York, entretient une correspondance fournie avec Franck Doel, employé d’une librairie (Marks and Co) à Londres. Sans relâche, elle lui demande de trouver pour elle les livres les plus rares ; inlassablement, il cherche les trésors de la littérature qu’elle convoite.

 

Cocasse, charmant, émouvant, cet échange épistolaire se lit très facilement et dessine en filigrane la renaissance d’après guerre.


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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 06:00


« Que ceux qui n’ont jamais eu peur d’avoir un enfant anormal lèvent la main.

Personne n’a levé la main.

Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n’arrive qu’une fois.

J’ai eu deux fins du monde. »

 

Jean-Louis Fournier parle de Mathieu et Thomas, ses deux fils lourdement handicapés.

 

Ce livre est à la fois une claque, et une douceur. Une claque parce que ce n’est jamais agréable d’entendre certaines vérités, certaines douleurs qu’on préfèrerait oublier parce qu’on ne les vit pas. Une douceur parce que derrière le cynisme et l’amertume pointent la tendresse et l’amour.

 

Jean-Louis Fournier évoque, avec lucidité et humour, la fatalité (« Avec moi, la nature a eu la main lourde. ») la tristesse et l’impuissance, mais aussi l’hypocrisie ; celle des médecins, de l’entourage. Il énumère tout ce que ses enfants ne feront pas, les cadeaux qu’ils ne recevront pas, les photos qu’on ne prend pas, la stagnation de leur développement, la difficulté des relations de couple dans de telles situations.

 

 

Il raconte aussi les joies, les crises de rire, le bon sens de leur employée de maison, le courage d’avoir un troisième enfant, incités par un médecin alors qu’ils envisageaient un avortement : « Je vais vous parler brutalement. Vous êtes dans une situation dramatique. Vous avez déjà deux enfants handicapés. Vous en auriez un de plus, est-ce que ça changerait vraiment beaucoup, là où vous en êtes ? Mais imaginez que cette fois, vous ayez un enfant normal. Tout changerait. Vous ne resteriez pas sur un échec, ce serait la chance de votre vie. »

 

Courage, résignation... un témoignage émouvant.

Néanmoins, par équité, le témoignage de la Maman des deux enfants.

Ils en parlent aussi : KélineToutzazimuth, Foudre Bénie, Marie, Theoma, Lisa, Biblio, Mamago, Pomme de Pin, Mister Pip, Emédia, Liyah et tant d'autres encore.




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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 06:00

Quatrième de couverture :

« C’est un enfant curieux et espiègle qui veut comprendre les droits de l’Homme.

Comment concilier intérêts de la France et droits de l’Homme ? À quoi peuvent servir des droits encore largement inappliqués dans le monde ? L’islam est-il compatible avec eux ? Le développement ne leur est-il pas préférable ?  La France est-elle réellement le pays des droits de l’Homme ?

Avec la grâce de l’innocence, l’enfant interroge sans détour Rama Yade, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme. De son compagnonnage avec les mal-logés d’Aubervilliers à sa gestion de la crise de l’Arche de Zoé, de la visite du colonel Khadafi en France à celle du Dalaï Lama, Rama Yade répond avec humour et intelligence, pédagogie et précision en s’appuyant sur des exemples emblématiques de son action au gouvernement.

À travers ce livre, Rama Yade en révèle les coulisses, sans rien cacher des contraintes de cette mission exaltante qui, à bien des égards, participe au supplément d’âme de notre politique étrangère. »

 

Je dois vous avouer que mon premier geste, quand j’ai choisi ce livre, était plus guidé par la recherche d’un auteur dont le nom commence par Y, que par la réelle envie de m’atteler à un essai, qui plus est, écrit par un membre du gouvernement actuel. Mon problème était que j’avais déjà essayé Yourcenar, mais que vraiment, je n’avais pas réussi à entrer dans ses “Contes orientaux”.

 

Rama Yade, donc. Très belle femme, jeune, dynamique, appelée à de hautes fonctions au gouvernement (on compte effectivement sur les doigts d’une main le nombre de femmes de couleur de moins de 40 ans en politique, non ?).

 

Et son livre alors ? Il ressemble beaucoup plus à plaidoyer en faveur du gouvernement qu’à un ouvrage pédagogique, certes, mais l’effort de vulgarisation est indéniable. La forme du dialogue aide se plonger dedans. Pas de chapitre, juste une série de questions courtes et de réponses longues, un peu comme une interview où on laisserait la personne interviewée aller au bout de sa pensée.

 

Je ne peux pas dire que j’ai aimé, mais j’ai réussi à lire jusqu’au bout l’explication que donne Rama Yade de son travail au gouvernement ! C’est toujours ça, non ?

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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 22:39

« Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements et les choses, Annie Ernaux donne à ressentir le passage des années, de l’après-guerre à aujourd’hui. En même temps, elle inscrit l’existence dans une forme nouvelle d’autobiographie, impersonnelle et collective »

 

Quand Thérèse m’a prêté ce livre, fin avril, je n’étais pas tout à fait sûre d’avoir envie de le lire. J’en avais un peu entendu parlé et les avis étaient assez partagés. Quand j’ai eu commencé, j’ai été assez déroutée par les phrases qui s’enchaînaient en énumérant interminablement les souvenirs de l’auteur, et j’ai mis le livre de côté.

 

Petite anecdote amusante : quelques semaines plus tard, un dimanche soir, alors que nous revenions de Bretagne, j’écoutais sur France Inter l’émission « Le masque et la plume » (émission dont les chroniqueurs évoquent l’actualité littéraire et cinématographique). Ils avaient, semble-t-il, parlé du livre le dimanche précédent, et ils lisaient à l’antenne les courriels que des auditeurs leur avaient envoyés en réaction.

 

Le nom d’un des auditeurs me fit tendre l’oreille : David Heranval-Mallet (il s’agit d’un de mes condisciples à l’IUFM d’Orléans en 1996-97) qui reprochait aux chroniqueurs d’avoir encensé ce livre, ce qui l’avait incité à l’acheter, et il en a été très déçu.

 

J’ai alors décidé que je devais persévérer pour me faire moi aussi une opinion. Je m’y suis plongée la semaine dernière, et au fil des pages, je dois dire que je me suis laissée gagner par le rythme du livre. Annie Ernaux réussit à écrire comme si elle projetait un film en super huit et nous donne l’impression de naviguer entre les faits historiques et ses souvenirs personnels. Elle crée une complicité propre à réveiller chez chacun les bribes de son passé, un peu comme la résurgence d’une mémoire collective, émaillée, çà et là, de touches plus intimes.

 

Je me suis vraiment sentie ramenée en arrière : ses souvenirs de petite-fille, juste après la guerre, évoquent chez moi des images de films qui parlent de cette période ; sa vie dans les années 70 me rappelle les premières pubs où l’on voit des couples en pantalons « pattes d’éph » ; j’ai appris qui était Gabrielle Russier, qui s’est suicidée en 1969 ; j’ai renoué avec mes premiers souvenirs d’actualité mondiale (Lech Walesa et Solidarność en Pologne, Margaret Thatcher et la grève des mineurs en Angleterre) ; je me suis sentie refaire le même chemin, en accéléré, depuis mes 8/9 ans, jusqu’à aujourd’hui, un peu comme on évoque quelques événements-clés de sa vie, en disant : « Tu te souviens… ? »

 

En résumé, j’ai trouvé très agréable de suivre Annie Ernaux depuis son enfance jusqu’à maintenant. La phrase qui résume le mieux l’objectif qu’elle a voulu atteindre : « Sauver quelque chose du temps où on ne sera jamais plus. »

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