Vendredi 10 septembre 2010
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« La vie à la campagne, il n'y a rien de tel pour trouver la tranquillité nécessaire à l'écriture! » C'est du
moins ce que pense Nicholas Hardiment, écrivain à succès, qui a transformé son vaste cottage en résidence d'écrivains. Là, en plein cœur d'une nature verdoyante, il accueille qui veut (enfin,
surtout qui peut payer), propose des séminaires sur l'écriture et se pavane tel un paon au milieu d'une petite société qui l'adule! Ça lui permet également de profiter à Londres d'une
garçonnière, loin du regard de sa tendre et courageuse épouse, Beth.
Mais quand Tamara Drewe, jeune journaliste aux dents longues (et au nez refait), revient vivre à proximité, dans la maison
de son enfance, l'air devient rapidement électrique. Car Tamara semble avoir une revanche à prendre : d'adolescente mal dans sa peau (à cause de ce fameux nez), elle est devenue un objet de
fantasmes et elle est bien décidée à en tirer parti. Bientôt, entre Andy Cobb, le séduisant amour de jeunesse, Ben Sargeant, la star du rock, et Nicholas Hardiment, dont elle espérait les
attentions quand elle était adolescente, elle ne manquera pas de prétendants. Mais ce qui n'était de prime abord qu'un jeu va se transformer en tempête dans un verre d'eau, par le biais de deux
adolescentes du village.
Autour de Tamara et Nicholas, les personnages secondaires sont assez bien ficelés : Beth, l'épouse de Nicholas, est une
femme dévouée; elle travaille sans relâche auprès des animaux, dans le jardin, dans la cuisine, ou aux côtés de son mari à relire ce qu'il écrit. Andy, l'homme à tout faire des Hardiment, a un
charme rural indéniable et un solide bon sens; le rocker, Ben, est déjanté à souhait, mais fait preuve de beaucoup de sensibilité en fin de compte.
Mais le personnage le plus réussi à mon goût, c'est Jody. On découvre une jeune fille complètement groupie de Ben, le
rocker, et prête à tout et n'importe quoi (elle n'a peur de rien) pour rencontrer son idole. Elle s'y entend pour mettre un joyeux bazar.
La société semi-rurale et pseudo-intellectuelle que décrit Stephen Frears est bien loin de celle moins aisée évoquée par
Ken Loach, dans « Looking for Eric » (excellent!), ou par Stephen Daldry dans « Billy Elliot ». Ici, les familles d'ouvriers ne sont pas au premier plan (même si les deux
adolescentes, Jody et Casey en sont les porte-flambeaux). On croise des écrivains à chaque scène et leurs préoccupations, peurs de la page blanche, fantasme d'être publié, de devenir célèbre,...
emplit à dessein l'espace de la pellicule, exprimant par là leur inaptitude à ressentir la vie autour d'eux.
Mais la comédie fonctionne et on passe un excellent moment.
L'avis de Rhoda et
de Marguerite.
Existe aussi et surtout en B.D. / roman graphique, par Posy Simmonds.
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